C'est fou les gens que l'on peut rencontrer dans une rame de métro !
Ainsi parée pour une nouvelle journée de boulot, je m'assois dans le fond du métro-Toujours dans le fond-Je m'apprête alors à rallonger ma nuit trop soudainement écourtée par ce foutu objet ovale qui eclaire le mur de ma chambre par des chiffres rouges, il parrait que l'on appelle ça un réveil, si vous voulez mon avis je l'aurait plus volontier nommé: le retour à la réalité, on est si bien quand on dort pourquoi vient il nous assomer par sa sonnerie constante et nous rappeler que la vie continue et que nous aussi par la même occasion!
Alors je suis là dans le fond du métro-Toujours dans le fond, au millieu de tout ces gens aigris avec lesquel je me confond quand ce type s'installe en face de moi et reste me fixer longuement, je détourne le regard destabilisée, puis je re-regarde : Si !si ! C'est bien moi qu'il dévisage comme ça, et en plus il me sourit : Euhhhh c'est un malade ce type ?
Pourquoi est-il heureux dès le matin, ça ne devrait pas exister , les gens comme ça !
Je deteste les gens heureux, surtout le matin, ça me rappelle que je fais partie de la population des grincheux, des aigris, des alliénés, j'en ai conscience c'est déja ça!
À force de re-re-regards je finis finalement par lui adresser un sourire discret. Il m'intrigue avec son regard noir et narquois qui invite volontier au défis, son costume gris déteint mal repassé qui lui arrive au dessu des chevilles, sa barbe de deux jours, ses cheveux chocolat dont il n'as pas pris la peine de les coiffés, de les arrangers, c'est sûr, avec cette allure ça ne peut être qu' un malade, oui un malade.C'est bien ce que je ne cesse de me répéter mais chaque fois un adjectif s'ajoute :
_ « c'est un malade, un beau malade! »
Les portes du métro s'ouvrent, arrêt Baudelaire-Merde je dois déja descendre-je me lève péniblement, ne m'interrompant pas de le regarder plus insistement qu'il ne le fait, puis je finis par lâcher son regard mysterieux, je m'avance, pensant au prochain cours que je devais donner au seconde B. La galère!
Qu'est-ce que... : Une main sur mon epaule ! Je me met à crier et aperçois le beau malade, qui, surpris de ma réaction se met à rire en marmonant:
_ « Désolé de vous avoir effrayée, quelque chose en vous m'as interpeller, je ne s'aurais vous dire quoi. Sachez que ce n'est pas mon habitude de venir accoster les jolis filles mais je ne peux pas vous laisser partir sans vous revoir.Je ne peux pas...» _ « Non mais faut vous faire soigner pauvre malade ! »
Je part furieuse, il est 8h17 et je suis foutrement en retard, d'un pas sacadé je passe la grille, fait un signe de tête au surveillant qui m'adresse un : « bonjour Mademoiselle Lafarge » ,blasé. Dans le couloir ma seconde B fait un brouhaha pas possible, mes talons claquent sur le carrelage pour leur faire comprendre que ce n'est plus la peine d'espérer que je me sois casser une jambe ou que je sois malade, je suis bien là, décidée à leur faire cours.
10h15 : enfin ma pause, je m'empresse d'aller chercher mon café à la salle des professeurs. Christianne, prof d'anglais est la première comme toujours, elle ne raterais pour rien au monde son café.C'est une petite bonne femme au yeux rieurs, elle cache toujours dans son double menton un colier qu'elle a tenter d'appareiller à sa tenue-elle a tenter-Yann arrive ensuite, toujours grincheu mais le coeur sur la main.C'est le genre d'homme sec, grand et maigre a en faire peur, un homme certe impulsif dont les élêves se plaigne souvent mais c'est un homme qui à souffert et qui aime sa solitude, se la forgeant jusqu'à l'extreme. Et puis c'est la débondade, une fameuse course poursuite pour avoir très vite un café, avant qu'il n'y en ait plus.
Je m'installe près de Christianne, Paul et Sophie, pour partir dans un débat : Docteur Houss est-il naturellement méchant ? Paul, prof de philosophie cache sous ses airs d'intellectuel un coté décalé qui m'a directement plus, il est grand et assez carré ce qui contraste avec sa tête toute en longueur, paul ne le dit pas mais il prend soin de lui et de son corps, quelques fin cheveux courent sur sa patinoire à mouche qui lui sert de tête, il nous sort une théorie du type « c'est la société qui rend l'homme mauvais, il est naturellement bon ».Nous ne voyons même pas que Monsieur Jaouen, directeur du Lycée est entré en compagnie du nouveau professeur de musique.
_ « Madame Bilois professeur d'anglais, Monsieur Paul Martinez professeur de philosophie et Mademoiselle Lafarge, professeur de français je vous présente Monsieur Marlet notre nouveau professeur de musique ! »
Je lève alors la tête et...
_ « Enchantée mademoiselle aigri, Monsieur Pauvre malade est ravi de faire votre connaissance ! »Dit il en plissant les yeux, ce qui me laissa deviner ses pensés: "Ce n'est que le début!"
Il était là -devant moi-avec son regard narquois, son costume mal taillé et une nonchalance invraisemblable, le nouveau prof de musique, le beau malade ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !